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Frankistadors

Paris [France]

Biographie


Non, rien de rien, elle ne regrette rien. Ou si peu. Et sans amertume ni jérémiade. Avec le sourire et le bon cœur. C’est que Franka est une résiliente. Une âme solaire. Mais surtout une musicienne qui a ses lettres de noblesse, parsemées ici ou là de quelques taches qui loin de flétrir son CV viennent lui dorer le blason et parfaire sa discrète légende. Autant dire, le bon pédigrée lorsqu’on prétend habiter ce lieu de magie ancienne, cette zone de tous les possibles, où les gueux se changent en Princes, les Cosettes en Duchesses : le rock’n’roll. Un art pour bandits d’honneur et voleurs de feu,  un pentagramme occulte qui dévore la folie, la recrache en sagesse, change la banalité en beauté et parfois même, dit on, l’eau du robinet en élixir. Ce petit numéro de prestidigitation Franka le connaît bien pour le pratiquer depuis des années, à écrire des chansons comme d’autres brodent  des napperons au crochet, mitonnent des beignets aux pommes, avec une innocence indomptable, un plaisir jamais las, une obstination qu’épargne la colère. C’est donc en pleine légitimité qu’elle s’avance aujourd’hui devant nous avec ce second album de Frankistadors, entité qui se résume à elle trônant au centre d’un petit cercle de fidèles dont font partie le guitariste Laurent Peters et Wilfrid Warmel, son ange gardien, ce New Eve dont les huit titres viennent à point nommé égayer nos confinements et cingler nos mémoires.

 

Dans cette Nouvelle Eve se niche évidemment l’idée d’une renaissance, mieux, d’un réenchantement. Franka s’y libère de souvenirs. Ceux  qui font toujours mal, ainsi Swing & Smile inspiré d’un épisode où il fallait sourire quand la vie lui grimaçait. Ceux qui réchauffent. Comme ce Whisky Marocain à  la saveur de menthe sucrée qui ranime en elle celle des jours heureux. C’est toute la trame de cet album mi madeleine mi carpe diem: traverser le miroir du passé pour reprendre goût au présent. « Here comes the time to feeling better »  résume t’elle dans Cross The Mirror. De son passé, Franka ne cache rien. Marseillaise née en Savoie, d’un père d’origine sicilienne et d’une mère piémontaise, elle a débuté enfant dans les chœurs de l’Opéra de Marseille, chanté les grands classiques, du Chevalier à La Rose à La Tosca. A 13 ans elle tourne dans l’ancienne URSS, se produit à la Gaîté Montparnasse. Partie à Grenoble étudier le chant classique dans la classe de Madame Lucazeau (dont Hergé se serait servi de modèle pour sa Castafiore !) sa route semble toute tracée. Jusqu’au jour où, sur le bord de celle la ramenant chez elle, elle dévie. Prise en stop par un certain Patrick Capozzi, elle devient la pianiste du groupe dont il est leader : Cops & Robbers.

 

A la fin des années 70, le rock français connaît, comme partout, son moment punk. Entre 1978 et 1983, le groupe appartient à cette jeune scène qui se brûle les ailes en brûlant les étapes. Signe d’un karma contraire : les bandes d’un album produit par Marc Zermati pour le label Underdog ne verront finalement le jour qu’en 2013, 30 ans plus tard. Entre temps, Franka est « tombée » avec 25 grammes de poussière interdite. Onze mois de « zonzon » plus tard commence une autre vie, scindée entre concerts dans des bars de quartier et jobs d’appoint. Elle vend des vêtements de ski haute gamme à Courchevel, dirige des castings de cinéma (elle a une réplique dans La Doublure avec Daniel Auteuil), fait caissière, barmaid, répétitrice, et même assistante d’Alain Delon et baby-sitter des enfants de Jane Birkin. Tout en restant fidèle à sa ligne de vie : la musique. Un horizon où s’enchaînent des rencontres qui la mettent au défi, avec Laurent Sinclair de Taxi Girl ou Louis Bertignac de Téléphone. Et surtout Mickey Finn, guitariste irlandais qui après avoir croisé le manche avec Jimmy Page a mis ses talents de compositeur et d’instrumentiste au service de Nino Ferrer et Jacques Higelin. En sa fringante, parfois chancelante, compagnie, elle écumera bien des lieux, sillonnera bien des pays. Avant de prendre définitivement ses marques auprès de Laurent Peters, autre fine lame avec qui elle assoie le projet Frankistadors. Un premier album, Une Envie Folle, voit le jour en 2011 où Franka, comme son titre l’indique, se lance dans cette course passionnée: rattraper le temps perdu.

 

Ainsi New Eve vient il boucler le parcours hors norme d’une sœur d’âme dont les fragilités muées en forces imprègnent chacune de ces huit chansons où l’on sent un regard jamais blasé se poser sur les gens et la vie, et battre un cœur toujours ardent. De ce vécu aussi inspirant qu’insolite, elle tire  des chansons comme Pyramide ou Changes qui nous rappellent que le rock, loin de se résumer a une triviale combustion d’adrénaline, est aussi la construction patiente, sur la durée, d’un état de sérénité et d’émerveillement.

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Membres

Franka : Chant Guitare

Laurent : Guitare Choeurs

Wilfrid : Basse

Farida : Batterie







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